Pascale Brice : « Makara »

« Depuis mes études aux Beaux Arts de Besançon, mon travail de peinture est resté fortement attaché à la figuration du corps et aux bleus profonds aux fragrances d’huile et de térébenthine. Plus tard, chez un restaurateur d’estampes et de papiers anciens, j’ai découvert et appris les infinies possibilités du papier (chair de fibres, veines de bois), la technique du marouflage (colles de peaux, suaire tissé), et celle des papiers marbrés à la cuve qu’on utilise en reliure.

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Makara, c’est cela : cette capture des pigments qui flottent à la surface, cette saisie d’éphémère, cette récupération du plus pur hasard où le dessin vient ensuite trouver sa force inscrite dans les mouvements insufflés et les lumières laissées en réserve.

Cette dualité d’huile et d’eau, de fibres et de veines.
Ce corps de fibres, allongé, couché, plissé, frotté, déchiré, rassemblé puis tendu enfin.
Ce corps duel sans cesse répété.
Makara c’est le trait d’union entre ciel et terre.
Le baiser qui les épouse.
La margelle du puits quand le vide trop profond nous vertige
Penche-toi et regarde.
Oui !
Regarde-les qui s’attirent et se repoussent
Se fondent sans jamais se confondre
S’engendrent
Lui, poudre dispersée en elle,
pigment semé dans ses fluides
Marbrures à sa peau
Makara c’est cette osmose à fleur d’eau
Entre le tellurique
Et l’astral
Voici l’heure du souffle bleu
Et de la joie pure… »