Gilles Beuve : l’impressionnisme comme impulsion

Sa technique évolue au fil du temps, mais ses toiles gardent encore un écho de ce mouvement pictural qui, dès l’enfance, lui a donné envie de peintre.

Débuts précoces ou tardifs ?

Gilles Beuve : Autodidacte, artiste figuratif, j’aime la peinture depuis mon enfance. À l’école, lors des fêtes de fin d’année, je réalisais les décors des pièces de théâtre. Je travaille au couteau sur une peinture de fond à l’acrylique, car cela sèche rapidement. Ensuite, je passe à l’huile, que je préfère. Paysage, fleurs… le motif n’est qu’un sujet que je transforme au fur et à mesure. L’huile permet de plus grands formats que l’aquarelle. En plus, elles ont un inconvénient, le cadre est indispensable pour pouvoir les accrocher ! Même si je les fabrique moi-même, je les mets souvent sous plastique, avec une marie-louise. C’est plus facile à transporter lors d’une exposition.

Vous arrive-t-il de peindre à l’extérieur ?
G. B
. : Quand je pars en vacances, j’emporte toujours un nécessaire d’aquarelle ; il m’arrive donc de peindre dehors, mais c’est rare. Cependant, dès que je vois quelque chose qui m’intéresse, un paysage, une structure, je prends une photo qui me servira de base, de point de départ. Je réalise plusieurs dessins à partir de cette idée, ensuite une aquarelle, puis un tableau. J’ai toujours un crayon et du papier à portée de main pour prendre des notes qui me servent ensuite.

De quel style de peinture vous sentez-vous le plus proche ?
G. B. : Les impressionnistes, ce sont eux qui m’ont donné envie de peindre lorsque j’étais écolier. Dans les livres d’art que j’avais à l’époque, ce sont eux qui me plaisaient le plus. C’est un style que j’ai adopté à mes débuts et on le retrouve encore un peu dans ma peinture. C’est vraiment le mouvement qui m’a le plus parlé, le plus inspiré. Encore aujourd’hui, quand je peins, je pense toujours à Monet, Sisley ou Pissarro, à leur manière de peindre, à leur traitement des couleurs. Mais plus on travaille, plus on évolue et, bien entendu, j’aime aussi des mouvements plus contemporains.
Mais, quand je vais dans un salon ou une exposition, c’est d’abord la peinture qui me parle, son style vient ensuite. Ce qui m’attire dans un tableau, ce n’est pas forcément son auteur, mais plutôt son travail, la façon de traiter l’idée. C’est le rapport entre l’idée et le rendu qui m’inspire.

Comment abordez-vous une toile blanche ?
G. B. : En général, je pars d’une idée que je travaille à l’aquarelle jusqu’à ce qu’elle aboutisse un peu, m’indique une direction. Ensuite je pars sur la toile, mais à ce stade, l’idée peut encore évoluer, partir dans une direction ou une autre et, à la fin, ne plus rien avoir à voir avec le point de départ. Ce qui permet éventuellement de peindre un autre tableau.
L’aquarelle me permet de travailler plus rapidement pour voir où je vais avec des nuances. C’est un point de départ coloré. Il m’arrive de monter dans mon atelier de ne pas forcément avoir une idée et un coup de couteau peut me permettre d’en trouver une et de démarrer.

L’abstrait vous a-t-il déjà tenté ?
G. B.
 : Quand je pars vers l’abstrait, il y a toujours une petite image qui revient et cela ne va pas plus loin. Certes, j’« abstraitise » un peu mon figuratif, mais cela ne me correspond pas vraiment, ce n’est pas mon style de peinture.